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Instituteurs en guerre ! H comme Hommage

La guerre terminée, les instituteurs revenus de l'enfer sont partagés entre la joie de la victoire, la dénonciation de certaines injustices et le devoir de mémoire.

 

Dès 1914, le souci mémoriel se manifeste et le ministre de l'Instruction Publique demande aux recteurs d'académie d'ouvrir le Livre d'or de l'Université dans lequel seront inscrits "les noms de ceux qui accompliront des actions d'éclat ou qui verseront leur sang pour la Patrie"*

 

A l'issue de la guerre, des Livres d'Or seront publiés à l'initiative soit des inspections académiques , soit à l'initiative des amicales professionnelles. Ce sont des centaines de Livre d'Or qui seront édités mais ce document n'est pas pour autant l'apanage des instituteurs et on trouvera d'autres livres d'or pour d'autres corporations.

 

 

Le contenu de ces livres d'or est donc très variable. On y trouvera outre le nom de l'instituteur, la photographie accompagnée d'une notice biographique plus ou moins complète.

 

Ces livres d'or peuvent être consultés en sous-série 1T des Archives Départementales ou bien dans le bibliothèques des anciennes Ecoles Normales devenues aujourd'hui INSPE*

 

Alors que les 36 000 communes de France se couvrent de monuments aux morts, l'idée de rendre hommage spécifiquement aux instituteurs morts au champ d'honneur en érigeant un monument à cette corporation voit peu à peu le jour. Rappelons que c'est 22% des instituteurs mobilisés qui décèderont lors de ce conflit bien plus que la moyenne nationale. Et ce seront les listes publiées dans le Livre d'Or qui serviront de base à l'élaboration des monuments aux morts.

 

Monument aux morts de l'Ecole Normale d'Arras (62)

 

Et ce sont là encore les associations professionnelles qui seront  à l'origine des projets et de la souscription, projets cautionnés et soutenus par les autorités académiques.

 

On peut encore voir aujourd'hui ces monuments dans les enceintes des anciennes Ecoles Normales devenues depuis IUFM puis INSPE aujourd'hui. La fermeture des anciens bâtiments d'Ecole Normale au profit de nouveaux bâtiments plus fonctionnels ont parfois obligé les autorités de tutelles à déplacer les dits monuments.

 

Un comité d'honneur composé de personnalités comme Paul Painlevé, Émile Combes, Maurice Barrès, ou Ferdinand Buisson voit le jour et aura la charge de veiller à la réalisation d'un monument national en l'honneur" des instituteurs morts pour la patrie". Ce  monument prevu pour être érigé devant l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud ne verra malheureusement jamais  le jour.

 

Paralèllement, le ministère incite les instituteurs des écoles dont un des maîtres est tombé au champ d'honneur à donner le nom de celui-ci à une des salles de l'école.

 

Les communes ne sont pas en reste, et c'est parfois l'école tout entière qui se voit "baptiser" du nom de l'instituteur devenu héros local.

 

Là aussi les associations et amicales professionnelles sont à la manoeuvre et on ne compte plus  les plaques commémoratives apposées  sur les murs des écoles.

 

 

L'administration  veut également honorer également ses instituteurs et en 1918, le Ministère de l'Instruction publique fait frapper des médailles Elle sont remises à titre posthume pendant une cérémonie solennelle devant tous les enfants de l'école. L'inspecteur primaire y prononce même l'éloge du maître disparu et lla médaille prendra place au dessus de l'estrade  foulée avant guerre par celui qui n'est plus !

 

 

 

* Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l'Education. 

 

 



09/11/2019
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