Challenge AZ 2018 : poilus et instituteurs ! A comme Avant propos - de vous aieux en passant par moi

DE VOUS AIEUX, en passant par moi !

DE VOUS AIEUX, en passant par moi !

Challenge AZ 2018 : poilus et instituteurs ! A comme Avant propos

C'est décidé. Je retente l'expérience du challenge cette année après avoir volontairement abandonné l'affaire lors des deux dernières sessions .

 

Pour cette année, je voulais tenter de trouver un fil rouge à mes billets et le centenaire de l'armisitice de 1918 avançant à grands pas c'est tout naturellement vers la thématique de la première guerre mondiale que mes différents posts seront consacrés.

 

A l'aube de prendre ma retraite  de l'Education Nationale après 40 ans de bons et loyaux services,  je souhaiterais  donc ,au cours de ce challenge 2018 rendre un hommage particulier aux instituteurs de 14-18.

 

En août ce ne sont pas moins de 34 480 instituteurs qui ont été mobilisés et pas loin de 35000 classes qui allaient se retrouver sans mâitre à rentrée de 1914. Comme on le verra, ultérieurement l'administration dut palier à ces absences rapidement  car il n'était pas question que des élèves ne restent sans instituteurs.

 

Les instituteurs de 14-18 payèrent un lourd tribu à la défense de la patrie : 

 

Les chiffres divergent : le ministère reconnait 7407 morts et 9604 blessés ; d'autres sources font état de 8500 morts. 

 

Si on retient l'estimation la plus  basse, on obtient déjà, 21,5 % de morts, moyenne supérieure de trois points et demi à la moyenne nationale de 18 %, et qui fait des instituteurs un des corps de métier les plus touchés par la guerre ! De parr leur niveau d'instruction et de leur fonction,; de par leur rapport à la hiérarchie ils sont prédisposés à occuper  naturellement les grades de sous officiers et d'officiers; ce qui peut expliquer en partie ce lourd tribu car plus exposés. 

 

Des plus célèbres comme Louis Pergaud(1) ou Célestin Freinet aux plus anonymes, , les instituteurs de 14-18 ont contribué comme tant d'autres de leurs camarades à la victoire finale mais si ces derniers  n’ont pas voulu la guerre, ils l’ont faite et subie sans état d’âme associant à leur devoir – la défense de leur pays - l’idée de lutte pour la Liberté et le Droit. 

.

Ceux, qui ont pendant des années, formaté les esprits de leurs élèves  à la revanche de 1870,  ceux que Charles Peguy avaient surnommés "les hussards noirs de la République"  ont combattu sur tous les fronts.

  

Comment ne pas évoquer également l'histoire de Théophile MAUPAS instituteur de la Manche fusillé pour l'exemple avec deux autres de ses camarades à Suippes le 17 mars 1915.

 

Qui sait encore que Jules-André PEUGEOT le premier soldat français tué le 2 août 1914 s'apprêtait à devenir instituteur lorsqu'il fut appelé sous les drapeaux ?

 

Nous verrons également qu'à l'arrière, les  instituteurs commes les institutrices de 1914 ont contribué à l'effort de guerre en maintenant des liens avec ceux partis au combat ou en soutenant le  moral  et la ferveur patriotique  des élèves et des familles.

 

Après guerre, beaucoup d'entre eux furent sollicités par leur hiérachie à rédiger leurs mémoires ou chroniques . D'autres encore se mobilisèrent et se regroupèrent pour rendre hommage à leurs collègues disparus en oeuvrant à la réalisation de "livres  d'or" ou à l'érection de monuments commémoratifs spécifiques à leur corportation.

 

Les carnets de guerre de poilus sont courants, Ceux des instituteurs-soldats apportent une autre dimension sur cette guerre car ils sont rédigés par des hommes qui maîtrisent l'écriture et la syntaxe. 

 

Pour ceux qui en sont revenus, la guerre aura eu sans nul doute des conséquences sur leur pédagogie, et a probablement structuré le monde professionnel et syndical enseignant. Le pacifisme qui résultera de leur engagement perdurera jusqu'en 1939 voire au delà.

 

 

(1) Louis Pegaud : instituteur et écrivain ; auteur de "La guerre des boutons"

 

(2) Célestin Freinet : instituteur et pédagogue français ; il développe avec l'aide de sa femme Élise Freinet, et en collaboration avec un réseau d'instituteurs, toute une série de techniques pédagogiques basée sur l'expression libre des enfants : texte libre, dessin libre, correspondance interscolaire, imprimerie et journal scolaire, enquêtes, réunion de coopérative, etc. Militant engagé, politiquement et syndicalement, en une époque marquée par de forts conflits idéologiques, il conçoit l’éducation comme un moyen de progrès et d’émancipation politique et civique.

 

source : "les écoles dans la guerre" ; ouvrage collectif dirigé par Jean-François CONDETTE aux Presses Universitaires du Septentrion.

 

 

 

 

 

 



31/10/2018
2 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 35 autres membres